Synagogue de Bayonne

Présidente : Mme Déborah Loupien-Suares
35 rue Maubec
64100 Bayonne
E-mail : site en création
Tel : 05 59 55 03 95
Fax : 05 59 03 71 99

Site Web

Installés en Péninsule Ibérique avant la destruction du Second Temple, certains Juifs venaient de la tribu royale de Juda, d’où le nom de « Nefousoth Yehuda » (les exilés de Juda), qui devint l’emblème de la communauté de Bayonne après 1492, quand les décrets d’expulsion des Juifs d’Espagne et, par la suite, de ceux du Royaume du Portugal qui refusaient la conversion amenèrent l’installation à Saint Esprit lès Bayonne et aux environs, à Peyrehorade, Bidache et Labastide- Clairence, de Juifs du royaume voisin de Navarre, de Castille, de Galicie et du lointain Portugal.

Sous le nom de « nouveaux chrétiens », les Juifs connurent une première période où ils durent pratiquer secrètement le judaïsme comme des Marranes. La seconde période fut celle d’un édit royal qui reconnut les Juifs comme « Nation Portugaise » sans prononcer le nom de Juifs, mais qui autorisa en fait nos frères à judaïser d’une façon ouverte. Importateurs de chocolat, négociants, armateurs, ils occupèrent une place importante dans la cité, avec des persécutions et des procédures nombreuses.

La troisième période fut la Révolution française et la Communauté juive de Bayonne fut la première à devenir française, avec les droits et les devoirs de citoyens.

Les Juifs de Bayonne ainsi que ceux des Pays Bas et même ceux originaires d’Espagne adoptèrent cette dénomination de « Juifs portugais ». Ils conservèrent un rituel très spécifique et authentique et on peut penser que certaines prières viennent du Temple de Jérusalem.

De nombreux petits oratoires existaient et furent remplacés en 1837 par un grand Temple, inauguré sous Loouis-Philippe aux cris de « vive le roi ! ».

Aujourd’hui la communauté compte environ 200 familles allant de Dax à Hendaye.
Cette communauté et ses responsables font tout leur possible pour rester fidèles à l’enseignement des Anciens et pratiquer le rite sépharade portuguais.

CURIOSITÉS D’INTÉRÊT JUIF

CIMETIERE DE BAYONNE

Pierres tombales datant du XVIIème Siècle à nos jours. le plus grand cimetière juif d’Europe datant du 17é siècle
CIMETIERES DE BIDACHE, LABASTIDE CLAIRENCE, PEYREHORADE

MIKVE EN REHABILITATION

Visites sur RDV (propriété de la Ville).
MUSÉE BASQUE

Tél. : 05 59 59 08 98

SYNAGOGUE (1837) & MIKVE

secrétariat ouvert le matin

Le Temple de Bayonne-Saint-Esprit (1837)

Par Anne Oukhemanou, docteure en histoire

La construction d’une synagogue monumentale s’inscrit au XIXe dans un mouvement caractérisé par le désir des dirigeants communautaires d’intégrer un édifice religieux dans la cité et par leur volonté de contrôler le culte.
A Saint-Esprit après la fermeture régulière des synagogues privées, il n’en restait qu’une, celle de la Hébéra considérée comme la synagogue officielle. C’était la synagogue Yesibat-Es Haïm du XVIIIe siècle, installée rue Maubec dans l’immeuble appartenant à la famille Louis Nounès.

Dès 1810-1811, les notables bayonnais avaient envisagé d’ériger un Temple monumental mais le projet n’aboutit pas en raison du refus du Consistoire de Bordeaux dont dépend alors la communauté de Saint-Esprit.
Une seconde tentative est menée au début des années 1820 mais là encore le projet échoue.
Mais en 1835, le moment est favorable : l’octroi d’un budget au culte israélite, le dynamisme économique et démographique de la communauté et l’autorisation de construire un nouveau Temple fournissent une opportunité aux dirigeants.

L’immeuble appartenant à Rebecca Louis Nounès est acquis, l’architecte Capdeville et l’entrepreneur Faulat sont choisis pour mener les travaux.

Le 25 mai 1836, la première pierre est posée et le 26 septembre 1837 le Temple est inauguré officiellement.
Le nouveau Temple reste discret par son emplacement et son style architectural. Sa façade ne donne pas directement sur la rue Maubec, elle est en partie masquée par des maisons. Par la suite les maisons seront détruites et remplacées par les deux pavillons que nous connaissons aujourd’hui, le tout étant clos par une grille.
Sur le plan architectural, la façade est d’une grande sobriété, d’une grande neutralité qui l’apparente à un temple grec dans un style néoclassique.

A l’extérieur, les seules références au judaïsme apparaissent sous la forme d’une inscription en hébreu avec sa traduction française « Ma maison sera dénommée maison de prières pour toutes les nations » (Isaïe, 56, 7), message universel et au sommet, gravée l’année de construction dans le calendrier hébraïque (5597).
L’intégration du Temple dans la cité n’a pas que des effets extérieurs. Elle joue également pour l’intérieur. La monumentalité implique un certain décorum donné par sa forme de parallélogramme allongé, par la voûte qui court d’un bout à l’autre de l’édifice, par les rangs de colonnes formant trois nefs et contenant les tribunes réservées aux femmes. Elle implique également l’intégration d’éléments nouveaux comme la chaire et le piano organique à côté du mobilier de la tradition synagogale et en particulier l’Héchal de style baroque, située au fond du Temple et héritée de l’ancienne synagogue principale du XVIIIe siècle.

Le Temple de Bayonne-Saint-Esprit n’a subi que peu de transformations : y ont été intégrés des vitraux, des peintures polychromes, l’éclairage électrique sans que le caractère d’origine n’ait été modifié.
Le Temple de Bayonne-Saint-Esprit nous fournit une image précise de la conception religieuse des dirigeants des années 1840 qui voulaient garantir la dignité du culte, de le contrôler en rassemblant les fidèles dans une seule synagogue et affirmer la présence du judaïsme dans un espace urbain qu’ils avaient contribué à définir.